Le 60e anniversaire du débarquement allié en Normandie Communiqué de presse, le 6 juin 2004

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Discours prononcé par M. Stéphane CHMELEWSKY, Ambassadeur de France en République de Biélorussie en Présidence locale de l’Union européenne au nom de la République d’Irlande, à la conjointe avec M. George KROLL, Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique en République de Biélorussie, à l’occasion du 60e anniversaire du débarquement allié en Normandie

Mesdames et Messieurs,

Chers Collègues,

A cette heure-ci sur les plages de Normandie, en France, sont rassemblés de nombreux chefs d’Etat et de Gouvernement parmi lesquels leurs Majestés la Reine d’Angleterre, le Roi de Belgique, le Roi de Norvège, la Reine des Pays Bas et Son Altesse Royale le Grand Duc de Luxembourg ; les présidents des Etats-Unis d’Amérique, de la République française, de Grèce, de Pologne, de Tchéquie et de Slovaquie ; les Premiers Ministres d’Australie et de Nouvelle Zélande ; le Gouverneur général du Canada.

Ils célèbrent le 60e anniversaire du débarquement des troupes alliées en 1944, que l’on appelle chez vous « l’ouverture du second front ».

Il est probable qu’aujourd’hui, 6 juin 2004, c’est la première fois en soixante ans que l’on célèbre cet événement, ici, chez vous, à Minsk. Soyez remerciés, amis biélorusses, d’être venus à l’invitation conjointe de l’Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique et de la mienne, car, sans cela, vous n’auriez pas été, vous Biélorusses, à l’unisson des démocraties qui, de part et d’autre de l’Atlantique, sont rassemblées dans la commémoration de ces événements.

Devant l’histoire, un mort vaut un autre mort. On comprend mieux soixante ans après, qu’il n’y a aucune différence entre les cadavres de soldats alliés roulés par les vagues de la Manche au soir du 6 juin 1944 et ceux des soldats biélorusses tombés lors des combats pour la libération de leur pays. Pas plus qu’il n’y a de différence entre les victimes de ce sanglant XXe siècle, qu’elles aient été assassinées à Kuropaty ou à la Iama, à Khatyn ou à Katyn.

Au demeurant, ce débarquement en France, qui même aujourd’hui, paraît si lointain de Minsk ne se rattache t-il pas à votre pays, au moins par le fait que des braves nés avant 1939 sur le territoire biélorusse d’aujourd’hui ont pris part aux combats de Normandie dans les rangs des forces polonaises et s’y sont battus comme des lions ?

Rien n’est simple, rien n’est jamais seulement en noir et blanc comme l’affirment à tort les lectures idéologiques de la réalité historique. Aussi devons-nous tous faire preuve d’une certaine humilité devant l’Histoire, assumer nos responsabilités devant elle et en tirer des leçons pour le futur.

A cet égard, je n’ai pas achevé la liste des chefs d’Etat qui sont rassemblés aujourd’hui sur les plages du débarquement. Ont été invités, pour la première fois, le chancelier Schröder d’Allemagne Fédérale et Vladimir Poutine, le Président de la Fédération de Russie. Pourquoi ce geste ? Parce que le gouvernement français, et avec lui tous les pays-membres de l’Union européenne, est convaincu depuis longtemps que notre continent européen ne pourra vivre en paix demain que si l’on tire aujourd’hui un trait sur les querelles du passé, en s’efforçant à une réconciliation avec ceux qui, hier ou avant hier, étaient encore nos adversaires, et qui sont aujourd’hui parmi nos plus proches alliés et partenaires.

Aussi lointaine qu’elle puisse vous paraître aujourd’hui cette réconciliation n’est pas impossible. L’exemple franco-allemand est là pour en attester. L’histoire future de notre continent ne peut demeurer prisonnière de visions héritées du passé. C’est seulement lorsque nous dépassons ces visions que nous sommes en mesure de rendre l’hommage mérité aux sacrifices et aux souffrances consentis par les générations précédentes.

C’est ce que l’Ambassadeur de la République de Pologne, Tadeusz Pawlak, va nous inviter à faire.

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