La conférence de l’Académie des Sciences biélorusses consacrée au 60e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale Le 28 avril 2005

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Intervention de l’Ambassadeur de France en Biélorussie Stéphane CHMELEWSKY, lors de la conférence de l’Académie des Sciences consacrée au 60e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Monsieur le Président,

Mes chers collègues membres du corps diplomatique,

Mesdames et Messieurs les académiciens,

A la veille du 60e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Académie des sciences organise la présente conférence pour réfléchir à la signification historique de cet anniversaire. Je la félicite d’avoir pris cette importante initiative : « La Grande victoire : héroïsme et exploit des peuples ». Oui, ce fut une victoire, certes elle fut grande...

D’ailleurs, beaucoup d’institutions biélorusses l’évoquent ces jours-ci en des termes similaires. Aussi, permettez-moi d’exprimer un vœu : que le sujet de la Seconde Guerre mondiale soit traité par cette éminente assemblée d’hommes de science libres de tout préjugés, d’une façon purement scientifique. De mon point de vue, j’aimerais, par exemple, que soit examinées par vous quelques questions dont je n’ai pas ou trop peu trouvé trace dans ce que je lis aujourd’hui dans les journaux et les revues de votre pays.

Première question :

- A la suite de quelles circonstances l’Union soviétique a t-elle envahi, en 1939, en plein accord avec les armées hitlériennes, quatre pays indépendants situés à sa frontière occidentale ?

Deuxième question :
- Comment expliquer le manque d’efficacité des forces soviétiques et leur recul devant les armées allemandes qui ont pu ainsi arriver assez rapidement jusqu’aux portes de Leningrad et de Moscou ?

Troisième question :
- A t-on mesuré objectivement le phénomène de collaboration avec l’occupant allemand et a t-on essayé d’en comprendre les raisons ?

Quatrième et dernière question :
- Qu’est ce qui explique que l’immense majorité des combattants de l’Armée rouge faits prisonniers par les Allemands aient été, après leur libération par leurs compatriotes ou par les Alliés, renvoyés de longues années dans des camps soviétiques ?

Ces questions, Mesdames et Messieurs les Académiciens, n’expriment qu’une seule chose : le désir d’établir la vérité historique.

Si j’ose les formuler devant vous, c’est pour deux raisons. D’abord, c’est parce que toute nation ne peut construire un futur qu’en recherchant la vérité sur son passé. La jeunesse d’aujourd’hui veut connaître les taches claires comme les taches sombres du passé. Et c’est seulement sur la vérité qu’elle peut bâtir un véritable patriotisme.

La deuxième raison, c’est que répondre à ces questions ne constitue pas une marque d’irrespect ou de doute envers les générations précédentes, au contraire. En répondant à ces questions, il me semble à l’inverse que les jeunes d’aujourd’hui pourraient trouver en effet des raisons supplémentaires de plaindre et d’admirer leurs ancêtres jetés dans une situation probablement beaucoup plus affreuse que bien d’autres peuples victimes de ce conflit.

En tout cas, pour ce qui me concerne, et comme beaucoup de citoyens de mon pays, c’est en essayant de répondre à ces questions que j’ai trouvé des raisons vraies de rendre hommage à toutes les victimes biélorusses de la Seconde Guerre mondiale. Que leurs souvenirs demeurent à jamais dans nos mémoires.

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