L’exposition franco-allemande ’Marc Chagall. La couleur en noir et blanc ’

, par  France-Belarus.com , popularité : 7%

Le talent de Chagall a été nourri par la terre biélorusse. Marc Chagall, de son vrai nom Moyshe Segal, naît le 7 juillet 1887 à Vitebsk, en Biélorussie.

Marc Chagall, de son vrai nom Moyshe Segal, naît le 7 juillet 1887 à Vitebsk, en Biélorussie. Il ne reste pas grand chose de la ville ’triste et joyeuse’ décrite par le peintre dans son autobiographie romancée, Ma vie : la destruction par les nazis des quartiers juifs, et l’urbanisme dévastateur des années staliniennes en ont profondément modifié la physionomie : invité en URSS en 1973, Chagall refusera de retourner sur les lieux de son enfance.

Consacrée à la figure du saltimbanque dans l’œuvre de Marc Chagall, l’exposition regroupe 16 tableaux et 36 dessins du maître, issus de collections publiques et privées. Une trentaine de ces œuvres n’a pas été publiée.

Marc Chagall (1887-1985) a représenté tout au long de sa carrière les gens du cirque, acrobates, danseurs, clows et musiciens. Pour lui ces artistes particuliers sont sans doute emblématiques de la figure de l’artiste en général : comme lui, mais sur scène, avec peu de moyens, ils produisent des effets qui ravissent leurs spectateurs. Leur art constitue le modèle sur lequel se bâtissent des arts plus savants, et la peinture pour Chagall, avec ses moyens artisanaux, n’est pas très loin de ces arts du cirque qui n’ont d’autre ambition que de plaire et de faire rêver. Mais si clows et acrobates sont ainsi des figures allégoriques de l’Artiste, ils le sont d’abord de Chagall lui même. Des autoportraits en quelque sorte.

Allocution de l’Ambassadeur de France en République de Biélorussie, M. Stéphane Chmelewsky, à l’occasion de l’inauguration de l’exposition franco-allemande « Marc Chagall. La couleur en noir et blanc »

Паважaныя сябры, chers amis !

Inaugurer une exposition Chagall est pour l’Ambassadeur de France à Minsk une agréable routine. J’ai dans ma poche la liste des différentes manifestations organisées autour de Chagall dans les dix dernières années. Je ne vais pas vous ennuyer avec ces détails mais depuis que l’ambassade fonctionne, depuis à peu près 12 ans, on arrive statistiquement à une manifestation Chagall tous les deux ans environ, ce qui est un bon rythme.

Cependant, je suis particulièrement heureux d’être associé à la manifestation d’aujourd’hui dont l’originalité à mes yeux repose sur trois raisons.

La première c’est que cette exposition a été organisée en commun par l’Ambassade de France et l’Ambassade d’Allemagne. Toute occasion de démontrer l’excellence des relations franco-allemandes, en particulier ici en Biélorussie, est pour moi bienvenue. Je me félicite, donc, de cette nouvelle opportunité de le faire.

La deuxième raison, c’est que les œuvres de Marc Chagall qui sont exposées ici proviennent non pas simplement des musées, mais de collections privées. Et non pas simplement de collections privées françaises mais aussi allemandes et russes. Cela prouve que dans l’Europe d’aujourd’hui comme dans celle d’hier, l’art n’est pas seulement l’affaire de l’Etat mais celle de la société civile. Songeons à ce médecin allemand, le docteur Mandel, qui dans la province où il habite s’est pris de passion pour Chagall et a très tôt constitué une magnifique collection privée des œuvres du maître.

Je voudrais dire à la société civile biélorusse qu’elle a un rôle important à jouer en matière d’art. Qu’au fur et à mesure que les conditions économiques s’amélioreront, elle pourra et elle devra se lancer sur le marché de l’art. Il existe d’ailleurs déjà dans votre pays, j’en suis particulièrement heureux, un mécénat privé et je saisis cette occasion pour rendre hommage aux responsables du supermarché « BIGZ’Z » qui ont généreusement concouru à la manifestation d’aujourd’hui.

La troisième et dernière raison, c’est la présence parmi nous d’un vice-ministre de la culture. Cela signifie à mes yeux que les autorités de ce pays s’intéressent à cet artiste qui est né en Biélorussie et qui jouit aujourd’hui d’une renommée mondiale. J’exprime ici le vœu que les autorités fassent encore davantage à ce sujet. Rassurez-vous, Monsieur le ministre, ceci n’est pas une demande de soutien financier. Il s’agit d’expliquer dans les écoles, les lycées, les universités, en quoi le talent de Chagall a été nourri par la terre biélorusse. Nul n’ignore que ce talent n’a pas toujours été reconnu et il existe dans l’histoire de votre pays une longue période où on ne pouvait pas parler de lui pour différentes raisons. Soit parce qu’il était en contradiction avec les règles du réalisme socialiste, soit parce que beaucoup de ses œuvres étaient inspirées par la Bible, soit, enfin, parce qu’il était juif.

Pour toutes ces raisons, Monsieur le ministre, la société civile biélorusse a plus de chemin à parcourir pour connaître et apprécier Chagall que d’autres sociétés civiles dans d’autres pays européens. Et les autorités devraient y aider en développant et élargissant les efforts louables qui ont déjà été consentis à cet égard.

Voilà donc, les trois raisons, qui font que je suis heureux de vous souhaiter ce soir une agréable découverte de l’exposition « Marc Chagall. La couleur en noir et blanc ».

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