Théâtre Libre de Minsk, Bielorussie présente ’Oxygène’ d’Ivan Viripaev Du 15 mai au 2 juin 2007

, par  France-Belarus.com , popularité : 7%

Sur scène, accompagné d’un DJ, Nikolaï Khalezine retrace le parcours d’un dissident politique et relate sa conception de la liberté, qui s’enracine dans la pratique clandestine des jean’s et de la musique à l’époque soviétique.

Le Théâtre Libre de Minsk est un collectif de comédiens et de dramaturges emmené par le couple Nikolaï Khalezine et Natalia Kaliada.
Créée en 2004 en opposition à la culture officielle, la troupe du Théâtre Libre est aujourd’hui le fer de lance de la scène indépendante Biélorusse.

Sans moyen et sans salle, le Théâtre Libre a déjà crée plusieurs spectacles.

Du 15 mai au 2 juin 2007, le Théâtre-Studio d’Alfortville l’accueille en résidence avec trois spectacles, trois semaines durant, ce qui par ailleurs lui donnera la possibilité de répéter sa prochaine création dans des conditions sereines.

En deuxième semaine, du 22 au 26 mai , aura lieu au Théâtre-Studio, nouvellement Scène Conventionnée pour les nouvelles écritures, la première édition du Festival Croisement(s).

Les textes du Théâtre Libre sont édités aux éditions L’Espace d’un instant (dans un recueil de trois pièces du répertoire du Théâtre Libre de Minsk, avec une préface de Jean-Pierre Thibaudat, et réalisé en partenariat avec le Centre national du Livre, le Festival Passages à Nancy, la Maison Antoine-Vitez, la Maison d’Europe et d’Orient et le Théâtre-Studio d’Alfortville).

Calendrier :

Théâtre Libre de Minsk :
- du 15 au 19 mai 2007 à 21h : Technique de respiration dans un espace sans air
- samedi 19 mai à 15h - mardi 22 et samedi 26 mai à 21h – samedi 2 juin à 15h : Génération jeans
- du 29 mai au 2 juin 2007 à 21h : Nous. Belliwood

Festival Croisement(s) :
- mardi 22 mai à 21h : Génération jeans, de et par Nikolaï Khalezine
- mercredi 23 mai à 21h : L’Occhio del puma, de et par Mister Puma
- jeudi 24 mai à 21h : Stop the tempo !, de Gianina Carbunariu mise en scène Christian Benedetti
- vendredi 25 mai à 21h : Oxygène, d’Ivan Viripaev, mise en scène Galin Stoev
- samedi 26 mai à 21h : Génération Jeans, de et par Nikolaï Khalezine

Lieu : Théâtre-Studio
Adresse : 16 rue Marcelin Berthelot – 94140 Alfortville
Métro : école vétérinaire (ligne 8 / Balard-Créteil)
Prix des places : 17€/ tarif réduit : 12€ / groupes et lycéens : 7€

Le Festival Croisement(s) et la résidence du Théâtre Libre de Minsk sont réalisés avec les soutiens de l’Office National de Diffusion Artistique, du Conseil Régional d’Ile-de-France et de la Délégation au Développement et aux Affaires Internationales.

Le théâtre-studio est subventionné par la Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Île-de-France-Ministère de la Culture et de la Communication, le Conseil Régional d’Île-de-France, le Conseil Général du Val-de-Marne, la Ville d’Alfortville, et est soutenu par l’Agglomération de la Plaine Centrale du Val-de-Marne.

Génération Jean’s

- spectacle en Bielorusse surtitré en français
- texte de Nikolaï Khalezine avec la participation de Natalia Kaliada
- traduction française Alexis Vadrot et Youri Vavokhine, avec la
- collaboration de Virginie Symaniec
- mise en scène et interprétation Nikolaï Khalezine
- assistante à la mise en scène Natalia Kaliada
- musique Laur Berdjanine (dj Laurel)

En référence au symbole de liberté qu’a été le jean à l’époque soviétique et qui est de nouveau l’un des principaux symboles qu’a choisi l’opposition.

Sur scène, accompagné d’un DJ, Nikolaï Khalezine retrace le parcours d’un dissident politique et relate sa conception de la liberté, qui s’enracine dans la pratique clandestine des jean’s et de la musique à l’époque soviétique.

Une des visées essentielles de ce texte est de traiter de la peur, de l’analyser pour s’en débarrasser.
Il s’agit également d’une sorte de manuel de savoir-faire destiné aux néophytes de la résistance qui n’ont pas encore eu d’expérience carcérale ou qui ont simplement besoin de savoir précisément comment fonctionne une dictature, et comment un individu peut gérer intimement son rapport à un pouvoir dictatorial.
C’est enfin l’histoire d’un personnage qui raconte comment on peut être amené à s’intéresser à la politique, alors qu’initialement on ne veut que prendre ses distances avec. Ceci engage le héros dans un dialogue avec les valeurs sociales qui semblent être venues de l’Occident : une réinterprétation de ces valeurs s’amorce, notamment à travers les symboles vestimentaires et les thèmes musicaux.

Quel est le symbole des jeans dans cette pièce [Génération jeans] ?
Ça s’est historiquement constitué ainsi : les jeans sont devenus pour les citoyens de l’URSS symboles de la liberté. A l’époque soviétique, on ne pouvait pas trouver en vente des jeans ou des vinyles, considérés comme attributs d’une société occidentale libre. Chaque personne ayant un jean dans sa garde-robe devenait automatiquement complice du monde occidental : un monde civilisé.

Technique de respiration dans un espace sans air

- spectacle en Bielorusse surtitré en français
- texte de Natalia Moshina (Russie)
- mise en scène Vladimir Scherban
- avec Yana Rusakevich, Anna Solomianskaya, Aleksey Razmakhov, Pavel Rodak-Gorodnitskiy,et Denis Tarasenko
- assistantes à la mise en scène Svetlana Sugako, Maria Vavokhina et Irina Yaroshevich

Article de Alisa Nikolskaya paru dans Delovaya Gazeta, le 8 février 2006 :
« Dans cette (…) pièce de Natalia Mochina se croisent des réflexions sur Dieu et sur le terrorisme, élans amoureux au bord du gouffre et sentiment d’une solitude universelle de chacun d’entre nous. Un adolescent (Pavel Rodak-Gorodnitsky) et une adolescente (Yana Roussakevitch) qui se rencontrent dans un hôpital pour cancéreux tentent de se comprendre et d’arracher un moment pour dire “je t’aime” à ceux qui “restent”.

La mère de la jeune fille (Anna Solomianskaya), qui relate avec une fougue de clown sa biographie d’artiste, se rend abruptement compte qu’elle a vécu en vain.

Un groupe d’étudiants en économie peine sur un TD collectif : calculer les bénéfices de l’invention d’une “nouvelle religion”, et aboutit la cette conclusion : faire exploser une bombe serait la solution à tous les problèmes. Chaque geste, chaque son, chaque parole, sont comme frappés à tour de bras.

À travers ce rythme : un silence, plus léger que la respiration.
Un silence qui n’est possible qu’après le dernier soupir.

Technique de respiration dans un espace sans air, est une conversation sur le désir de vivre, dans une situation où tout semble s’y opposer. Ce spectacle aurait pu être appelé “un manifeste”, mais en Biélorussie il serait probablement erroné de le considérer ainsi. »

Nous. Belliwood

- Spectacle en Bielorusse surtitré en français
- Textes de Pavel Priajko, Pavel Rassolko et Constantin Stechik
- Traduit du russe, du biélorussien et de la trasianka par Maria Chichtchenkova et Virginie Symaniec
- Mise en scène Vladimir Scherban
- Avec Yana Rusakevich, Anna Solomianskaya, Olga Shantsyna, Oleg Sidorchik, Aleksey Razmakhov, Pavel Rodak-Gorodnitskiy, Denis Tarasenko
- Assistantes à la mise en scène Svetlana Sugako, Maria Vavokhina et Irina Yaroshevich

Nikolai Khalezine : « Nous. Belliwood » est une tentative d’isoler les traits les plus douloureux du caractère biélorusse et de les refléter en proposant au spectateur une discussion ouverte. Je ne crois pas qu’il y ait en Biélorussie une autre pièce qui attaquerait le spectateur plus violemment, provoquant le reflet d’un des thèmes les plus violents de la Biélorussie, celui de l’auto-identification de la nation. »

Première partie :
(texte transversal :) Jeux de cartes et du mazout à deux canons, un “Verbatim” de P. RASSOLKO.
Il s’agit d’un verbatim tiré d’enregistrements que l’auteur a effectués lorsqu’il travaillait comme ouvrier sur un chantier.
Pavel Rassolko (à propos de son verbatim, qui intervient entre chaque pièce et les relie à l’intérieur d’une même performance) :
« Il n’y a aucune fiction dans la pièce, il s’agit d’une conversation entre personnes réelles ayant des noms réels, et qui ont travaillé avec moi sur le chantier du site de la Bibliothèque Nationale »

1) Le pote (Infirmière pour le défunt), texte de K. Steshik.
Une infirmière est à la morgue et parle à un macchabée.
Konstantin Steshik : « À travers un dialogue court, j’ai essayé de décrire comment je perçois la nation Biélorusse.

2) Une affaire de principe , texte de Pavel Rassolko .
Un homme et sa femme attendent des travailleurs qui sont censés apporter un nouveau piano dans leur appartement. Mais au lieu des quatre livreurs, un seul homme arrive, pique assiette qui aime bavarder et se plaindre. Il incite le mari à sortir faire un tour et à boire du vin bon marché. Peu de temps après, un second livreur arrive avec une bouteille de vodka.
Au final, rien de bon : il n’y a pas de piano, aucun secours ne vient des livreurs, pas de paix dans la famille.
Pavel Rassolko : « Je pense n’avoir rien inventé. J’ai juste décrit une des situations qui arrive dans une famille moyenne. »

3) Patrie-2, texte de P. Priazhko.
Un étrange créature porte des lunettes sans cesse réajustées par son assistant, lequel essuie la bouche baveuse de la créature et disserte avec une évidente tension sur la liberté, le pouvoir et l’esclavage, sur l’impossibilité, en fin de compte, d’être libre.

Deuxième partie :
Belliwood, texte de P. Priazhko.
Le protagoniste de cette pièce riche en images ressemble en un sens à Ulysse ou Orphée, bien qu’il ne quitte pas son territoire : il court à travers sa ville natale à la recherche d’un homme qu’il a simplement besoin de tuer. Le personnage est cerné par des gens ordinaires, qui remplissent de leur multitude les grandes villes, mais un meurtrier potentiel est capable de voir le monde avec le regard d’un poète.
Pavel Priazhko (à propos de ses deux pièces, Patrie-2 et Belliwood) : c’est perçu avec les tripes, pas avec le cerveau. C’est ce que j’aime. La pièce est un ballon-sonde, une première tentative pour raconter et montrer quelque chose que les théâtres d’état Bielorusses persistent à laisser sous silence.

La musique occupe une place importante dans la pièce (aussi bien dans les références que dans le mixage en direct par DJ Laurel). Pouvez-vous expliquer pourquoi ?
Lorsque la question du choix d’une bande musicale pour le spectacle s’est posée, nous avons voulu qu’elle renvoie le spectateur non seulement à certains moments devenus historiques, mais aussi à une certaine couche culturelle : celle qui s’est développée d’une manière organique sur le sol de la musique des années 1960 – 1980. Nous avons donc réalisé qu’il était nécessaire d’utiliser dans le spectacle du funk, nu-jazz, spiritual house, down tempo… et qu’il fallait en outre absolument que le son soit produit en live, et qu’il accompagne le spectacle de la première minute à la dernière. C’est ainsi que notre théâtre est parvenu à une « acquisition » fantastique : le DJ Laurel. Aujourd’hui, c’est le meilleur DJ en Biélorussie, reconnu par de nombreux labels très prestigieux de l’Europe occidentale.

Festival Croisement(s) :

Au cours de mes voyages, j’ai pu observer qu’en Europe, dans la dramaturgie contemporaine, une tendance se développe.
Un retour à une forme « simple » : un ou plusieurs acteurs face au public, derrière des micros, avec un DJ et devant un écran.
Un retour à l’origine grecque en quelque sorte si l’on considère l’écran comme le mur (sur lequel notre société se projette), le DJ comme une interprétation du chœur chanté, le micro comme porte-voix en place du masque et l’acteur comme anonyme sorti du chœur pour parler aux autres.

Quel sens trouver à cela ?
Une tendance ? Une mode ? Des nécessités économiques ?
Rien de cela je crois.

Quelque chose de plus « politique », même si la démarche initiale ne le formalise pas en tant que tel…
La restitution des ces paroles passe par une scansion du texte – un peu comme le slam ou le rap.

Un rythme à temps affirmé.
J’y vois une réponse au discours libéral de nos sociétés, dont un des mots-clés est le flux.

Flux migratoire, financier, de la parole, etc...
Le rythme à temps affirmé comme réponse au flux.
Le site de la parole a changé géo-politiquement.
Le drame comme langage de l’histoire.
S’il n’y a pas de place pour le drame, et si nous ne pouvons pas répondre aux questions qu’il pose, l’univers n’est pas l’espace pour l’Histoire et l’humanité.

Oxygène, d’Ivan Viripaev

Oxygène, d’Ivan Viripaev, mise en scène Galin Stoev
traduction française Elisa Gravelot, Tania Moguilevskaia et Gilles Morel
musique originale Gilles Collard
avec Céline Bolomey (Sacha), Antoine Oppenheim (Sacha), Stéphane Oertli (Présentateur) et Gilles Collard (DJ)

Dramaturge russe parmi les plus provocateurs de sa génération, Ivan Viripaiev signe une diatribe chantée vivement politisée. Quelques mois après la création du spectacle Kislorod à Moscou par Viktor Ryjakov, Galin Stoev metteur en scène d’’origine bulgare monte à Bruxelles la version française du texte sous le titre Oxygène.

Le flot de paroles et de rythmes s’’attèle à circonscrire les « paramètres de la nouvelle confusion mondiale ». En prétexte, le texte oppose un garçon de la province profonde à une moscovite des sphères huppées. Ce fiévreux récital de rap interpelle l’Histoire du monde et son actualité, évoque le conflit israélo-palestinien comme les attentats du 11 septembre 2001.

Dix chansons, tels dix contre-commandements vindicatifs et drôles, scandés, proférés par trois acteurs et un D.J. qui triturent d’’inconciliables différences et complémentarités flagrantes : passé contre avenir, terrorisme contre globalisme.

Avec Oxygène, le russe Ivan Viripaev empale, en un flux de mots, un XXIe siècle asphyxié. Le bulgare Galin Stoev met en scène cette vertigineuse partition musicale, interprétée par trois acteurs et un DJ.

Les protagonistes d’Oxygène dialoguent, se déchaînent en assertions et supputations qui se cognent, rebondissent, s’opposent. Le procédé imaginé par l’écrivain est saisissant : les contradictions pullulent, le paradoxe est roi. Sans cesse, le sens fait mine d’apparaître et fuit aussitôt en un incoercible et déstabilisant mouvement de glissement. Mais c’est la mise en scène qui confère à cette pièce toute sa puissance polémique et philosophique. Parce que Galin Stoev, né en Bulgarie en 1969 et établi en Belgique, a pris le parti d’instaurer une distance entre la gravité des sujets soulevés et leur traitement scénique. Devant un micro planté dans un espace dépouillé, deux acteurs s’adressent au public. Ils parlent, chantent, catapultent le texte sur les sonorités techno d’un DJ et sous le regard d’un meneur de jeu. Leur voix se fait sobre, mutine, sensuelle. Leur corps disjoncte malicieusement en gestes décalés ou hip-hoppe quelques pas de danse. Et leurs lèvres sourient quand le sang, quand le meurtre gagne du terrain.

Cet écart entre fond et forme, d’une absolue pertinence, tisse un espace pulsatile où louvoie la pensée du spectateur. De manière non pas rationnelle, mais sensorielle : à la logique cartésienne se substitue la musique. D’autant que la vitesse du débit des acteurs occulte certains mots. Le spectateur, qui cherche à comprendre ce qui échappe, comprend en même temps que ça échappe. Qu’est-ce qui fait suffoquer nos poumons ? La corrosive atmosphère d’un monde délétère ou la condition humaine ? Vertige !

« Oxygène se situe entre musique et texte politique, à la frontière du théâtre et du concert, un texte qui soulève les grands problèmes éthiques d’aujourd’hui au travers d’une fable qui jette un pont entre hier et demain, stigmatise les réalités de notre monde écartelé par ses propres contradictions.
Oxygène n’est pas une pièce de théâtre à proprement parler, mais un texte qui fixe un certain état d’hystérie vital, autodestructeur et chargé d’espoir.

Oxygène est un concentré de vie et un remède contre l’endormissement. Un texte nécessaire. »

Lire Oxygène, d’Ivan Viripaev

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