Marc Chagall est né le 7 juillet 1887 en Biélorussie Le 7 juillet 1887 - 2005

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Marc Chagall, de son vrai nom Moyshe Segal, naît le 7 juillet 1887 à Vitebsk, en Biélorussie. Il ne reste pas grand chose de la ville ’triste et joyeuse’ décrite par le peintre dans son autobiographie romancée, Ma vie : la destruction par les nazis des quartiers juifs, et l’urbanisme dévastateur des années staliniennes en ont profondément modifié la physionomie : invité en URSS en 1973, Chagall refusera de retourner sur les lieux de son enfance. Si Vitebsk apparaît dans de nombreux tableaux après le départ du peintre pour Moscou en 1920, c’est sous la forme du souvenir qu’il en a conservé.

Chagall souligne le contraste entre les baraques en bois du shtetl, la communauté juive de Vitebsk, et les constructions en pierre du haut de la ville. Le motif de la cathédrale, élevée en 1743 par un architecte italien, sera utilisé par Chagall à de nombreuses reprises ; il finira par symboliser à lui seul sa ville natale. Lorsqu’il peint ce tableau, deux ans avant son départ définitif de Russie, Chagall est déjà en pleine possession de son style.

Chagall, dont les parents sont illettrés, est l’aîné d’une famille de neuf enfants. Son père travaille dans un dépôt de harengs, tandis que sa mère tient un modeste commerce d’épicerie. Il suit les cours en hébreu de l’école juive, avant de pouvoir entrer dans un établissement officiel, en principe interdit aux Juifs, où il apprend le russe. Les parents de Chagall, profondément religieux, sont d’obédience hassidique.


Le hassidisme (de hassid, pieux), apparaît en Pologne et en Ukraine au milieu du XVIIIe siècle. Son fondateur, le rabbin Baal Shem Tov, vise à susciter une expression plus spontanée de la foi. A l’opposé du rituel rigide qui prévaut dans les synagogues, le hassidisme est une religion populaire, dans laquelle le pratiquant est invité à entretenir une relation personnelle avec Dieu ; surnaturel et vie quotidienne sont étroitement liés. Ce mouvement connaît un vaste développement à la fin du XIXe siècle, et constitue une source d’inspiration pour de nombreux écrivains et dramaturges juifs contemporains de Chagall.


Transgressant l’interdit de la représentation, Chagall s’oriente vers une carrière artistique. En 1906, il entre dans l’atelier de Jeouda Pen, un peintre de Vitebsk. L’année suivante, grâce à un permis spécial, il se rend à Saint-Pétersbourg où les Juifs ne sont théoriquement pas autorisés à résider. La capitale culturelle de la Russie impériale, ouverte sur l’Occident, compte de nombreux défenseurs de la modernité. Parmi ceux-ci figure Léon Bakst (1866-1924), directeur de l’école Zvantseva et collaborateur de Serge Diaghilev. Il fait découvrir à Chagall un style plus libre que celui prôné par les artistes académiques.

Accusés d’espionner pour le compte de l’Allemagne, les Juifs sont chassés des régions frontalières, et Vitebsk accueille bientôt un flot important de réfugiés. Pourim (1916-1917), Cimetière juif (1917), La fête des tabernacles (1916), témoignent du nouvel intérêt de Chagall pour les coutumes et traditions de son peuple. D’autres œuvres réalisées durant la même période font écho à son amour pour Bella, qu’il épouse en 1915 ; leur fille Ida naît l’année suivante.

La Révolution de 1917 va profondément changer la vie des Juifs russes, qui se voient reconnaître tous leurs droits civils. Lorsqu’il se trouvait à Paris, Chagall s’était lié d’amitié avec le journaliste Anatole Lounatcharsky ; celui-ci, nommé commissaire du peuple à l’Instruction publique, lui propose en 1918 le poste de direction des Beaux-Arts pour le gouvernement de Vitebsk. Chagall se montre d’abord très enthousiaste, fondant une Académie, organisant fêtes et expositions, et invitant de nombreux artistes parmi lesquels El Lissitzky et Casimir Malevitch. Si tous défendent l’idée d’un art au service de la Révolution, les conceptions esthétiques des uns et des autres sont fort différentes. Les idées radicales prônées par Malevitch, défenseur de la « peinture pure », sont incompatibles avec la poésie inhérente à l’art figuratif de Chagall. Ce dernier est finalement écarté de son poste au profit des ténors de l’avant-garde, et quitte Vitebsk pour Moscou en 1920.

Entre 1919 et 1920, Chagall avait réalisé à Vitebsk plusieurs décors pour le TeRevSat, théâtre de satire révolutionnaire. Cette expérience lui permet de travailler à Moscou à la décoration du Théâtre juif d’État, pour lequel il conçoit plusieurs grandes compositions. Cet emploi lui procure à peine de quoi faire subsister sa famille, et il décide de quitter l’Union soviétique en 1922 pour retourner à Berlin. Walden a vendu les toiles laissées à la galerie en 1914 mais l’argent, versé sur un compte, a perdu toute valeur en raison de l’inflation. A l’invitation de Blaise Cendrars, Chagall emmène alors sa famille à Paris, où ils arrivent dans une situation financière très précaire.

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