L’Union européenne met en garde la Biélorussie... Bruxelles, 2 août 2004

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L’Union européenne attache une grande importance au maintien de la structure et de la mission de l’Université européenne des sciences humaines de Minsk, qui constitue un exemple remarquable de liberté universitaire et de mise en application de véritables valeurs européennes dans les programmes d’enseignement et de recherche.

UNIVERSITE EUROPEENNE DES SCIENCES HUMAINES DE MINSK
DECLARATION DE LA PRESIDENCE AU NOM DE L’UNION EUROPEENNE

L’Union européenne note avec regret que les autorités biélorusses ont exercé au cours de ces derniers mois des pressions tant sur l’activité de l’Université que sur son recteur, M. Mikhailov. L’Union européenne déplore la décision prise récemment de résilier unilatéralement le bail de location des locaux abritant les installations de l’Université. En outre, l’Union européenne désapprouve la dernière décision en date adoptée par les autorités biélorusses de retirer à l’Université l’autorisation de fonctionner en tant qu’entité juridique.

L’Union européenne estime que ces mesures prises récemment à l’égard de l’Université s’inscrivent dans une stratégie plus vaste visant à harceler les personnes susceptibles de diffuser des opinions dissidentes et non conformes aux vues du pouvoir en place. L’Union européenne considère que ces décisions ont un caractère politique et relèvent d’une démarche visant résolument à entraver l’action de la société civile à l’approche des élections législatives qui doivent avoir lieu en octobre.

L’Union européenne souligne que l’Union européenne dans son ensemble ainsi qu’un nombre important de ses Etats membres (Allemagne, France, Suède, Pologne, Lituanie) contribuent considérablement aux activités de l’Université, notamment à celles du Centre d’études européennes et transatlantiques (CETAS). L’Union européenne rappelle la démarche effectuée le 23 janvier 2004 par les ambassadeurs de l’Union européenne à Minsk auprès du ministre de l’Education et la lettre que le ministre irlandais des Affaires étrangères a adressée le 23 avril 2004 à son homologue biélorusse.

L’Union européenne se déclare vivement préoccupée par ce qui lui apparaît comme une grave atteinte à une institution universitaire bien structurée, qui réalise avec des pays de l’Union européenne une importante coopération culturelle et qui incarne les principes de la liberté universitaire et de l’autonomie de l’enseignement en Biélorussie.

L’application par les autorités biélorusses des décisions susmentionnées nuira gravement à la capacité de l’Université de poursuivre ses activités et pourrait l’obliger à brève échéance à fermer définitivement ses portes, ce qui aurait des conséquences désastreuses pour l’avenir universitaire de centaines d’étudiants et de professeurs, ainsi que pour la coopération bilatérale et multilatérale dans les domaines de la science, de l’éducation et de la culture entre la Biélorussie et les Etats membres de l’Union européenne. En outre, une telle situation constituerait un précédent regrettable quant au respect de la liberté universitaire et de l’autonomie de l’enseignement en Biélorussie, ainsi qu’un exemple de non-respect des principes fondamentaux d’une société démocratique moderne.

La décision des autorités biélorusses de fermer l’Université est également en contradiction avec les principes fondamentaux de l’OSCE, qui attache une grande importance à la coopération internationale, à la liberté universitaire et à la tolérance.

Force est de constater que les mesures prises par les autorités biélorusses à l’encontre de l’Université sont en totale contradiction avec l’intention déclarée de la Biélorussie d’œuvrer avec l’Union européenne en faveur d’une amélioration de leurs relations. L’Union européenne met en garde la Biélorussie contre les conséquences de cette politique pour ses relations avec l’Union européenne et, par conséquent, demande instamment aux autorités biélorusses de reconsidérer leur position.

La Bulgarie, la Roumanie, la Turquie et la Croatie, pays candidats, l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, l’Ancienne République yougoslave de Macédoine et la Serbie-et-Monténégro, pays du processus de stabilisation et d’association et candidats potentiels, ainsi que l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège, pays de l’AELE membres de l’Espace économique européen, se rallient à cette déclaration.

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