Eugeniusz (Eugene) Zak (1884-1926), Peintre et dessinateur d’origine juive natif de Mogilno / Biélorussie 1884 - 2004, le 120 ème anniversaire de la naissance de E. Zak

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Né dans une famille juive polonaise assimilée en Biélorussie, Eugeniusz Zak a commencé son éducation artistique en 1902 à l’École des Beaux-Arts à Paris sous la direction de J.L. Gérôme. Il peignit également des portrait réalistes de sa mère et de ses amis. La netteté des contours y témoigne de sa vocation de dessinateur.

Eugeniusz Zak naquit en 1884 à Mogilno / Biélorussie. Il passa son enfance à Kiev et à Varsovie. Comme tant d’autres artistes de son époque, il était fasciné par la France, où il partit à l’âge de 17 ans (en 1904, il se fixa à Paris). Il y suivit des cours à l’école des beaux-arts, prit part à des expositions. Futur peintre, il ne manqua pas d’entreprendre un voyage en Italie et à Munich.

Il a débuté en 1904 au Salon d’Automne, il a exposé aussi au Salon des Indépendants et à la Société Nationale des Beaux-Arts. Dans les années 1906-08 il a séjourné souvent en Bretagne. Il a adhéré à la Société des Artistes Polonais à Paris, il était uni par liens d’amitié avec les artistes de l’École de Paris, entre autres avec Roman Kramsztyk, Waclaw Borowski, Leopold Gottlieb, Melania Mutermilch et Zygmunt Menkes.

Lorsque la première guerre mondiale éclata, il quitta Paris pour la Pologne (Częstochowa, Varsovie).

Jusqu’en 1911, Eugeniusz Zak exécuta essentiellement des portraits dans un style concis et incisif (notamment ceux des Bretons ; en effet, il effectua plusieurs voyages en Bretagne).

Des critiques éminents veillaient sur le développement de sa carrière, Adolf Basler et André Salmon. La première présentation individuelle de la peinture de Zak à la Galerie Druet a eu lieu en 1911. En 1912 il a été nommé professeur à l’Académie de la Palette.

Il a passé les années 1914-16 à Nice et à Vence. En 1916 il s’était installé avec sa femme, Jadwiga Kohn, dans sa ville natale, Czestochowa, c’est alors qu’il était rentre dans le cercle de futurs formistes.

Il peignit également des portrait réalistes de sa mère et de ses amis. La netteté des contours y témoigne de sa vocation de dessinateur. Ultérieurement, les contours s’estompent et les volumes sont mis en relief par le jeu de la lumière qui se déverse de plusieurs sources simultanément, défiant toute vraisemblance.

Pendant toute l’année 1922, il vécut à Berlin et à Bonn. En 1923 - trois ans avant sa mort -, il regagna Paris. Un grand nombre d’amis assistèrent à son enterrement, dont quelques grands peintres : Tadeusz Makowski, Leopold Gottlieb, Mela Muter. Sa nature altruiste lui valut la sympathie des gens. Parmi ses amis, mentionnons Marc Chagall, qu’il logea alors que celui-ci venait d’arriver à Paris.

L’œuvre de Zak se caractérisait par un syncrétisme particulier qui consistait en transformation et fusion de différentes conventions artistiques, de la peinture de quattrocento italien et du classicisme français, de l’expressionnisme du jeune Picasso, des tableaux symboliques de Puvis de Chavannes et Maurice Denis, et aussi des paysages de Cézanne.

Il cherchait l’inspiration et les modèles dans la peinture miniaturiste perse, dans la porcelaine chinoise et la xylographie japonaise. La fascination par la stylistique de quattrocento s’était renforcée dans le motif développé par l’artiste dans les années 1910-23 des amants, pêcheurs et pâtres enfoncés harmonieusement dans le paysage, souvent un paysage de la côte rocheuse avec le bloc dominant d’un vieux château. Ces motifs, élaborés de plusieurs façons, constituaient un certain travestissement du courant pastoral dans la peinture du XVIII ème siècle - des bucoliques sentimentales, des idylles et fêtes champêtres. Les compositions symboliques de Puvis de Chavannes apportaient aussi des impulsions fortes. Les paysages arcadiens étaient basés aussi bien sur la mémoire « de musée » qui transposait les œuvres des maîtres anciens comme sur la contemplation des paysages italiens et du sud de la France ; les formes géométrisées de la nature et les constructions de forteresses soumis à la rythmisation étaient une preuve de plus d’une bonne assimilation de la leçon de Cézanne.

Dans les années 1918-20 les motifs bucoliques ont laissé place aux motifs « misérabilistes » ; dans l’œuvre de Zak apparaît le motif du mendiant, de l’ivrogne et du clochard renvoyant à l’œuvre du jeune Picasso. En même temps l’artiste a commencé à construire des compositions multi figures de large narration qui présentaient le motif d’une famille heureuse, parfois concentré à observer un théâtre de marionnettes (TEATRZYK / LE PETIT THEATRE, 1924). Une ambiance joueuse se voyait dans les coloris vifs, le contour séparant les tâches de couleurs disparaissait. Les valeurs décoratives des tableaux étaient renforcées par la rythmique des formes, conséquente et disciplinée.

Le portrait était un des courants dominant dans l’œuvre de Zak. Dans les portraits des femmes aux visages subtilement modelés au clair-obscur et aux traits marqués avec un contour délicat se voyaient les inspirations de l’art de Botticelli et Leonardo da Vinci. Prises sur un fond neutre, seules au premier plan, contemplatives, les héroïnes des tableaux et des dessins de Zak trouvaient une dimension intemporelle, elles devenaient la quintessence de la réflexion sur l’essentiel de la nature humaine.

On trouve parfois dans ces tableaux un ton facétieux, presque grotesque, renforcé par l’attitude maniériste des modèles (PIERROT, 1922 ; PIJACZKA / IVROGNESSE, 1923 ; MARZYCIEL / REVEUR, 1925).

Dans les travaux des années 1924-26 l’espace abstrait dans lequel sont engagés les personnages donne aux motifs une dimension universelle et archétypique, la réflexion même sur le sens de l’existence humaine devient le motif. De façon typique de l’œuvre tardive de Zak, les formes sont marquées avec une tâche chromatique subtilement modulée de contours mous et le bloc est souligné par des réflexes lumineux aigus.

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